UK 2023 : une Capitale Européenne de la Culture en question

Le statut de Capitale Européenne de la Culture est décerné par l’Union Européenne depuis 1985, dont le titre original est « Ville Européenne de la Culture », puis devient en 1999 « Capitale Européenne de la Culture ». L’idée est venue de l’actrice et ministre de la culture grecque Melina Mercouri, et de Jack Lang, ministre français de la culture. Son but est alors de rapprocher les citoyens de l’Union européenne et de célébrer la culture européenne. Depuis le début du programme, ce sont plus de 50 villes qui ont été désignées Capitales Européennes de la Culture. Le financement pour les Capitales Européennes de la Culture est accordé via le programme Europe Creative, à travers le prix « Melina Mercouri », qui permet à la ville choisie de bénéficier de 1,5 million d’Euros. Certaines villes candidatent aussi à d’autres subventions européennes, afin d’engager des grands travaux dans la ville. Chaque année, deux villes sont sélectionnées, mais à partir de 2021 et tous les trois ans, une troisième ville venant d’un pays candidat à l’adhésion sera choisie (Novi Sad en Serbie en 2021). Le calendrier des pays sélectionnés de 2020 à 2033 a d’ailleurs été voté par le Parlement Européen le 17 juin 2016.

L’intérêt de devenir Capitale Européenne de la Culture est de dynamiser les secteurs économiques et culturels. La ville sélectionnée va à la fois pouvoir bénéficier d’une subvention, mais aussi d’autres aides de développement de la part de l’Union Européenne, ainsi que de faire la publicité de la ville à travers tout le continent, et de mettre en avant les acteurs culturels de sa ville. D’après le site de l’UE, « l’expérience a montré que cette manifestation est une excellente occasion pour :

  • Régénérer les villes
  • Renforcer le rayonnement international des villes
  • Améliorer l’image des villes aux yeux de leurs propres habitants
  • Donner un nouveau souffle à la culture d’une ville
  • Stimuler le tourisme. »

Le processus de désignation est le suivant : « Six ans avant l’année de la manifestation, les États membres d’accueil sélectionnés publient un appel à candidatures, généralement par l’intermédiaire de leur ministère de la culture. Les villes qui souhaitent participer au concours doivent soumettre une proposition pour examen. Un jury d’experts indépendants dans le domaine de la culture examine les candidatures au regard d’une série de critères au cours d’une phase de présélection. Le jury présélectionne une liste de villes, qui sont ensuite invitées à soumettre des candidatures plus détaillées. Ensuite, le jury se réunit à nouveau afin d’évaluer les candidatures finales et recommande une ville par pays d’accueil pour le titre. La ville recommandée est ensuite officiellement désignée comme Capitale européenne de la culture. »

Le processus en amont de la désignation de la ville est la création d’une entité pour porter le projet, la plupart du temps, il s’agit d’une association, d’une société ou d’une fondation. C’est elle qui organise la candidature et les évènements, fait les demandes de subventions, recherche des sponsors, ou encore essaye de lier le tissu culturel de la ville.

En 2023, ce seront la Hongrie et le Royaume-Uni qui accueilleront une Capitale Européenne de la Culture. Depuis sa mise en place le Royaume-Uni l’a déjà accueilli à deux reprises, Glasgow en 1990 et Liverpool en 2008. Ces deux villes font partie de ce que l’on peut considérer comme les plus réussies de l’histoire de ce titre.

Au Royaume-Uni, 5 villes se sont portées candidates :

Le Brexit étant passé par là, la question de l’accueil de ce titre au Royaume-Uni restait en suspens. Dans une lettre (obtenue par Politico) envoyée le 22 novembre dernier et signée de la main de Martine Reicherts, directrice générale de l’éducation, de la culture et des sports de la Commission Européenne, la décision a été prise de ne pas accorder ce titre à une ville britannique. Les raisons invoquées sont qu’en 2023, le Royaume-Uni ne sera plus un pays de l’Union Européenne, ni candidat à l’adhésion, ni dans l’Espace Économique Européen (EEE/AELE – EEA/EFTA). Theresa May, Premier Ministre du Royaume-Uni s’est dit « déçue », et a engagé des discussions urgentes avec la Commission Européenne. Le panel d’experts choisi pour sélectionner la ville hôte a rapidement écrit un communiqué pour « souligner l’importance de l’ouverture – plutôt que de la fermeture – des voies d’échange et de coopération culturelles ».

Quant aux villes candidates, qui pour certaines ont déjà dépensé plus de £ 500 000 pour leurs candidatures, elles ont aujourd’hui rédigé un communiqué afin de soutenir la démarche du département de la culture, des médias et du sport du gouvernement britannique de continuer les négociations, afin d’accueillir en 2023 ce titre de Capitale Européenne de la Culture.

On pourrait penser ici que l’Union Européenne exerce une forme de pression sur le Royaume-Uni afin de pousser les négociations du Brexit à s’accélérer. Une fois de plus, la culture est la principale victime. Deux scénarii sont possibles à l’heure actuelle. Le premier, la Commission transigera et une ville du Royaume-Uni sera Capitale Européenne de la Culture en 2023. Le second serait de lancer un nouvel appel à projet, mais alors quel pays accueillera ce titre en 2023 ?

Cette décision de la Commission Européenne nous questionne surtout sur la position à tenir face au Brexit. Effectivement, cette problématique va rapidement se poser avec les programmes Erasmus + ou encore le programme Europe Créative. Alors, quelles concessions faire face au Royaume-Uni ?

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