Ma Génération Bataclan

Je me suis rendu compte n’avoir que peu réagi sur les réseaux sociaux suite aux attentats qui ont touchés Paris le 13 novembre dernier. Je n’ai pas mis le drapeau français sur ma photo de profil, je n’ai pas partagé mon point de vue, ou bien dit que je priais pour Paris. C’est un choix totalement assumé de ma part. Non pas que je ne sois pas patriote, ou que je ne soutienne pas les victimes, loin de là. Je ne voulais pas parler pour dire telle ou telle ineptie, parler pour faire de la récupération, parler seulement afin de donner mon point de vue comme une réaction primaire. Chose que j’ai pu voir sur les différents réseaux sociaux, et que je réprouve. Effectivement, dans ces moments difficiles, il faut savoir choisir ses mots.

J’ai fait le choix du silence, du recueillement. Un choix plutôt égoïste de ne pas extérioriser mes sentiments, mais surtout, d’essayer de comprendre.

Essayer de comprendre d’où viennent ces terroristes, comprendre la racine du mal. Je me suis alors demandé si l’ingérence américaine dans ses relations internationales avait pu conduire à l’existence de ces groupes terroristes que sont Al Quaïda ou Daesh. Ou bien si le modèle d’intégration dans notre pays si diversifié n’avait pas échoué. Mais est-ce que ce sont vraiment les bonnes questions à se poser.

Ça aurait pu être moi, ça aurait pu être des amis, au fond tout le monde a été touché. Travailler la nuit de ces attentats n’a pas été facile, un sentiment de peur s’est emparé de moi. Aujourd’hui encore, plus de deux semaines après ces évènements, il est toujours difficile de mettre des mots sur ce que nous avons vécu cette nuit-là. Suivre les chaînes d’informations, suivre son fil twitter, nous ne pouvions alors pas faire grand chose de plus.

Cela fera bientôt 10 ans maintenant que je suis engagé en politique, depuis les mouvements contre le CPE. Je me suis engagé pour faire avancer mes idées, et pour essayer d’apporter une aide aux autres. Je ne tire aucune gloire de mon engagement, je n’ai aucune ambition personnelle. Ce n’est pas un milieu facile à appréhender, loin de là. Et si aujourd’hui, nous pouvons faire le constat d’en être arrivé à ce degré de défiance, j’en veux à nos prédécesseurs qui n’ont pas eu une vision politique à long terme, tout autant qu’aux générations politicardes actuelles, nous laissant un pays en crise politique, financière et identitaire.

Aujourd’hui, on nous dit qu’il faut continuer de vivre, que nous sommes en guerre, qu’il ne faut pas laisser ces gens gagner. Cela commence par aller voter les 6 et 13 décembre prochains, car en ces temps frigorifiques, fréquenter les terrasses des bars ne nous donnerait qu’un gros rhume. On nous parle aussi d’une « génération Bataclan », qu’il est temps pour nous de prendre nos responsabilités. J’ai bien peur que les médias nous donnent un fardeau trop lourd à porter. Il faudrait faire une réelle analyse sociologique pour pouvoir corroborer cette théorie, mais je ne sens pas un vent de révolte toucher ma génération. Nous continuerons à vivre, mais cette violence ne fait que s’ajouter à nos problèmes du quotidien. Nous la prenons en compte et nous allons vivre avec.

Triste constat.

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Une réponse à “Ma Génération Bataclan

  1. Je partage ta conclusion.
    Même les révoltés de 1968 qui ont accès au pouvoir,ces 40 dernieres années n’ont finalement rien changé…
    Pour en revenir au « à qui la faute? » faudrait demander à un psychiatre plus qu’à un sociologue parce que ça reste une putain de de secte ces ****** de Daesh

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