Grèce : vers une Europe politique ?

Tout ça pour ça pourrait-on dire. On ne sait pas encore ce que retiendront les livres d’histoire de ces dernières 72h que l’on a pensé pendant un moment historique. Entre une sortie de la Grèce de l’UE, ou encore une sortie provisoire de la zone Euro, pour finalement après 17 heures de négociations, parvenir à un accord sur la dette grecque. Sans faire injure au peuple grec qui retrouve l’austérité après avoir pourtant voté contre, en élisant tout d’abord Alexis Tsipras, puis lors du référendum du 5 juillet dernier, on peut leur souhaiter beaucoup de courage ces prochaines années.

Voici le calendrier de l’accord sur la dette grecque :

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Alors oui, on peut féliciter François Hollande, alors que dans le même temps, un ancien Président donnait un spectacle assez pitoyable, à un moment où l’on avait besoin d’une France rassemblée. François Hollande aura démontré que la France a toujours une grande place dans la diplomatie européenne. Il a réussi à négocier avec l’Allemagne et ses soutiens, qui souhaitaient dès le départ un Grexit, ou une sortie de la Grèce de l’UE.

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Et pourtant, on ne peut pas se réjouir de la décision de l’Eurogroupe. A travers les dernières négociations, on a pu constater que l’Europe se fiche de l’avis des peuples. Effectivement, la Grèce a voté deux fois contre l’austérité et elle se retrouve aujourd’hui dans une situation où elle va devoir vivre cette austérité pendant des années. C’est à cause de ce genre de décisions que les extrêmes ne font qu’augmenter. De plus, si l’on regarde attentivement, on peut voir que ce sont encore les mêmes qui vont profiter des décisions prises ce matin. On apprend que l’institut luxembourgeois qui va gérer le fond grec est une filiale d’une banque allemande (KfW), dont Wolfang Schaüble (Ministre des Finances allemand) est le Président du Conseil d’Administration, et dont fait partie Sigmar Gabriel (Président du SPD, Vice-Chancelier et Ministre de l’Economie allemand). On pourrait parler de conflit d’intérêt, or cela ne choque personne.

Cela fait plus de 60 ans que le projet européen existe, se développe, on ne peut voir aujourd’hui, en 2015, un pays sortir de l’Union Européenne. D’autant qu’il n’existe aucune procédure sur la sortie d’un pays de l’Union. Peu de choses ont évolué depuis les premiers articles dans les médias en 2014 faisant état d’une éventuelle sortie de la Hongrie de l’UE. Dans quelques mois aura lieu un référendum très important pour l’avenir de l’Europe au Royaume-Uni, on peut se demander si les choses vont foncièrement changer, et l’on peut en douter. C’est pour cela qu’il faut aujourd’hui, à la suite de cet accord, commencer à construire une Europe politique. L’Europe nous a montré ses limites ces derniers jours, notamment dans les prises de décisions de dirigeants qui n’ont jamais été élus. L’Europe existe au-delà du marché, et de la monnaie unique, mais son projet initial est un peu passé à la trappe. Il faut aujourd’hui une Europe forte, qui soit écoutée, et élue par ses habitants, il faut donc un fédéralisme européen. Mais avant cela, il faut que les pays membres soient prêts à lâcher une certaine souveraineté nationale, et fassent preuve de beaucoup de courage.

Alors, et si l’on construisait l’Europe politique ?

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